La Pétanque à Bienne
La pétanque est un sport ....
-Ahahahah!
Si, si, la pétanque est un sport. Pas très fatiguant, certe, mais qui demande une certaine concentration, comme le tir à l'arc par exemple.
A Bienne, les premiers a avoir introduit ce jeux sont les français, qui en sont les inventeurs (enfin, leurs ancêtres les Gaulois). .
Ils ont construit un premier terrain, puis un autre.
Ces dernières années, on voit de plus en plus de jeunes jouer dans les graviers qui bordent les chemins du Strandboden.
Et puis, il y a aussi les joueurs de pétanque de la place Walser.
Ce sont, pour l'essentiel, des marginaux qui fréquentaient déjà l'endroit avant, mais qui ne faisaient pas grand chose d'autre que refaire le monde devant une bière.
Il faut dire que la place Walser est idéale pour jouer à la pétanque.
Je ne sais pas qui ou comment ça à commencé, le fait est que je les vois, chaque fois que je passe par là, disputer des parties acharnées.
Dans ma famille, la pétanque c'était presque une religion.
Principalement pour mon père, suivi de ma soeur , ma mère aussi y jouait,
Mon papa dont les coupes et autres trophées décoraient le salon, maitrisait plutô très bien... en fait, il aimait tellement ce sport que sur sa tombe, c'est en joueur de pétanque que nous l'avons fait graver pour l'éternité.
C'est dire si, génétiquement je suis programmée pour y jouer.
Mais voilà.. je rêvais d^émotions fortes et de sports extrêmes.. pas de boire l'apéro tout en lançant des boules de métal. Et puis, c'était dans ce que je voyais, un sport de vieux, avec mon père qui voulait me donner des conseils et moi qui voulait seulement m'amuser.
M'amuser.. justement, c'est ce qui me fait envie, chaque fois que je passe devant les joueurs de la place Walser.
Ils ont l'air de s'amuser.
Comme un chien devant sa baballe, plus je les vois et plus j'ai envie de faire une partie.
Mais voilà.
Ce sont des hommes, des suisses allemands, je ne connais pratiquement personne, à part Pierre.
Et je suis timide.
Alors, aujourd'hui, j'ai osé.
Je me suis dit que si je ne le faisait pas maintenant qu'il fait beau, et que j'ai du temps, alors je ne le ferais jamais.
Ne rien regretter.. c'est pour ça.
Au début, ils avaient l'air assez d'accord, quand j'ai dit que je ferais bien une partie.
Mais quand je suis revenue avec les boules.... je voyaient bien qu'ils ne me prenaient pas au sérieux.
Il faut dire que sur la place Walser, je ne suis pas la fille de Roger.. mais juste .. une fille qui croit qu'elle sait jouer à quelque chose qu'ils se sont appropriés.
Avec leurs règles et leur pratique.
A force de jouer toute la journée, certains sont devenus relativement bons... aucune comparaison avec mon père qui tirait des carreaux (quand la boule éjecte celle de l'adversaire et la remplace) à. volonté.
Mais bon, je n'ai rien dit.
Ils jouent par équipe.
Personne ne voulaient jouer avec moi.
Même s'ils ont pour règle que le nouveau venu prends la place de celui qui a déjà beaucoup joué.
Personne ne croyait que j'étais capable de les égaler.
J'ai donc attendu .. et finalement, presque par pitié, ou plutôt pour embêter Hösi, qui revenait dans la partie.. on m'a mis avec lui.
Ca faisait bien 30 ans que je n'avais plus joué.
Et j'ai gagné.
Sur 5 parties, j'en ai remporté 4.
Mon partenaire était aussi fier que s'il m'avait lui-même entrainé.
Plusieurs fois ,j'ai collé ma boule contre le cochonnet.
J'ai aussi fait des tirs lamentables, mais en règle générale, j'ai très bien joué.
Je crois même que j'ai gagné le respect de mes adversaires.
En tout cas, ils ont été fair-play.
En voyant comme je me débrouillais bien, ils m'ont félicités.
J'étais la seule fille.
Et quand je suis repartie, j'étais vraiment fière de moi.
Je crois bien que là-haut, dans le nuage ou je l'imagine, mon père aussi devait l'être !
Alors, tant pis, si je ne comprends pas les trois quart de ce qui ce dit en suisse-allemand.
J'aime leur façon décontractée, défoulante de jouer sans se prendre au sérieux tout en respectant le jeux.
J'ai passé un super-moment.