Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
26 Aug

Il était une fois...

Publié par Cat  - Catégories :  #theiere, #touareg, #the a la menthe, #Bienne

Une petite théière en métal émaillé bleu.

Avec un couvercle.

Il était une fois moi, Catherine qui en cherchait une deuxième pour aller avec la première.

Parce qu'il en faut deux, pour faire le thé "comme il faut".

Comme me l'a montré Abdallah, mon ami de Tamanrasset, biennois de coeur, et aussi biennois dans son âme.

En fait Abdallah est international,

Mondial.

Enfin bref, le sujet, c'est la petite théière bleue que je cherche dans les magasins biennois, tout d'abord.

Je vais "chez le chinois".

Vous savez, celui de la rue Dufour.

En voilà un qui a su s'adapter.

Ses prix qui étaient tellement intéressants et raisonnable, sont devenus carrément exagérés.

5frs pour un paquet d'apéritifs chinois qu'il doit payer 90centimes...

La petite bouteille riquiqui et plastique d'huile de sésame à 7 francs...

Bref, l'homme à remarqué que les indigènes s'hasardaient de plus en plus nombreux dans ses lieux, et a gonflé les prix.

Trop.

Qu'importe.

Quand on aime on ne compte pas et j'aurais payé cette petite théière le prix qu'il voulait.

Enfin, tant que je pouvais.

Mais la question ne c'est pas posé puisqu'il n'en a plus.

J'ai fais ensuite, je ne vous mens pas, tout ce que Bienne compte de magasins exotiques.

En vain.

Ensuite, j'ai tenté Cachet, qui en avait aussi.. dans le temps.

Rien.

Alors, j'ai essayé le spécialiste du thé, dans sa boutique remplie de thés du monde entier et de très jolies théières, le spécialiste... n'avait jamais entendu parler de la mienne.

Il me fit même cette réponse qui m'a laissé perplexe :

-En 9 ans, personne ne m'en a jamais demandé.

Personne ?

Et moi ?

C'est si difficile de regarder dans tes catalogues et de m'en commander une ?

Il faut croire que l'effort lui coutait.. à moins que ce soie moi qui lui pose problème.

Parce que, dans le fond, si j'aime tellement la culture touareg, c'est que nous avons des points communs,.

L'exclusion ,la mauvaise réputation.

Le fait d'être jugé sur notre apparence...

Alors je l'ai cherché partout cette théière.

Je l'ai cherché chez les marocains .

Et là, je l'ai peut-être trouvé, dans la petite boutique à côté de tes fesses.

Hein?

Mais oui !`du "Dan'ton-Ku" ! vous savez ?

The place to be à Bienne.

Avec , à la barre Alain et Deborah.

Lé,, je suis sure que si ils avaient vendu des théières, ils n'auraient pas hésité, eux, s'ils n'avaient pas mon modèle, à consulter des catalogues, et à m'en commander une!

Enfin bref, au DAn'ton-ku, on vends des cocktails,des fringues géniales, des shues démentielles et un tas d'autres choses hyper-cool mais malheureusement pas de théières.

Si vous pensez que je fais de la pub parce que je les connais et qu'ils sont sympa, vous aurez raison.

Mais franchement, le leiu vaut le déplacement, ne serait-ce déjà que pour sa déco qui déchire sa race. J'exagère pas.

Allez voir.

Vous verrez.

Bref, j'étais aussi au Dan'ton Ku, mais juste le temps de papoter deux mots,

Mais d'abord, j'étais juste à côté, chez le marocains .

Lui aussi voulait me faire plaisir, d'ailleurs si tout va bien, demain j'y retourne et il m'apportera sa petite théière blanche perso.

On verra. En attendant, c'est quand même une bonne adresse, c'est là que vous trouverez : le fameux pain de sucre.

Pour une somme assez modique vous aurez un magnifique obus blanc et brillant, une oeuvre d'art , si beau qu'on a pas envie de le casser.

Enfin bref, je ne m'avouais pas vaincue, il me la fallait tout de suite cette théière, alors je l'ai encore cherché.

Chez les africains :

-Une couturière ?

-?non une théière !

-oui oui un tailleur...

-Non une thé-i-ère !pour faire le thé.

-Ah oui du thé y'en a! bon thé pas cher.

-Noooon pas du thé, le truc pour le faire... (soupir...)

Je l'ai cherché chez les turques, chez les indiens, dans les bazars et même les brocantes...Je l'ai cherché en français, en allemand, en suisse-allemand :

-Pardon ,vous pouvez me dire comment on dit théière en allemand ?

-Ttèrhouhrh

hein ?

-Tekrug !

euh.. vous pouvez me l'écrire ?

Je l'ai cherché même en anglais: :

-Hello, im looking for a tea-pot....

a teapot ?

-Yes a tea-pot.

we have a excelllent tea !

-No tea ! TEA_POT ! the truc for macking this fucking tea !!!!

Désespérée, je suis rentrée chez moi et je l'ai cherché sur le net.

Surprise, après 10milles théières de toutes les sortes et de toutes les couleurs, que vois-je apparaitre en bas de la page ?

Adolf...il m'a fallut un moment pour comprendre ce qu'il fichais là.

Alors non, il n'a pas été introduit parmi les théières par des sympatisants facétieux.

Après recherche, j'apprends que le design d'une théière ressemble tellement à celui d'Hitler qu'elle à fait scandale...

Enfin bref.

De fil en aiguille, fatalement , j'en suis revenu é Facebook.

Je déteste qu'on l'apelle autrement.

Facebook, ça m'a sauvé la vie plus d'une fois.

En fait, c'est vous qui m'avez sauvé la vie, les êtres humains, mais sans Facebook, je n'aurais jamais pu vous contacter.

Je lance donc mon cri de désespoir en forme de théière, sur mon réseau social préféré.

Et là en quelques minutes, je me fait une collection de théières de toutes les formes et toutes les matières.

Même de gens que je ne connais pas ! Alors merci les gens ! et merci ma soeur qui va me prêter la sienne.

Et qui va même en ramener une de son voyage prochain au Kenya.

Alors finalement cette petite théière me ramène à ma propre famille.

Cette théière va me permettre de m'entrainer a faire le thé dont je vous ai donné la recette hier.

Elle me rapproche aussi de ce peuple, avec qui j'ai tant de points communs , mais aussi d'admiration.

Dans mon souvenir, Mohamed m'avait parlé d'une princesse guerrière qui avait tellement d'autorité que lorsqu'elle descendait de son cheval, elle n'avait pas besoin d'ordonner, on accourait pour s'en occuper, où qu'elle aille. Et que c'était elle qui a fondé Tamanrasset. J'ai retrouvé son histoire, qui est tout une aventure. Je vous ai mis le lien ci-dessous.

Une petite théière qui raconte l'histoire des peuples.

.Une petite théière en métal émaillé bleu.

Celle qu'on utilise pour faire le thé à la menthe, chez les touareg, ou tout les autres peuples qui boivent le thé de cette façon.

Ritualisée, respectueuse des invités et du préparateur de thé.

Préparateur qui se doit d'être initié par sa mère,comme elle-même le fut par la sienne.

Un thé vert, aromatisé de menthe séchée ou fraîche.

Cette petite théière qui connu les sables du désert, comme les vitrines des magasins de décoration, il a bien 30 ans, quand les Touaregs étaient encore "à la mode".

La petite théière qui ne vaut pas plus de 10 francs se vendait en Europe au moins 5 fois plus cher.

Se vendait... car le temps passe et les choses changent.

Le fier peuple menacé d'extinction , exterminé sans sommation dans le silence du désert n'eut pas d'autre choix que de s'intégrer.

D'arrêter la course de leur vaisseau bossu et nyctalope,

(de leurs chameau qui voit dans la nuit pour ceux qui n'auraient pas compris).

Il était une autre fois, moi.

Catherine, qui arriva dans le Sahara juste au moment ou adossés aux murs du marché de Tamanrasset, les derniers guerriers vendaient leurs armes pour survivre.

Une tragédie, un génocide qui passa inaperçu.

Quelques affiches d'appel au secours qui imploraient les rares touristes d'alerter l'opinion.. mais pas d'Internet pour propager l'information.

Entre la guerre fratricide croate et les exploits de Saddam, l'opinion mondiale n'avait pas de place pour le petit peuple touareg.

Alors, certains ont cru que prendre le chemin de la violence servirait la cause, mais ce fut exactement le contraire qui arriva.

De cavaliers majestueux, les hommes bleus comme on les appelaient à l'époque à cause de la couleur indigo de leur chèche, sont devenus des terroristes dangereux.

Pas tous, bien sur, juste une minorité.

Mais voilà, là-bas comme chez nous, c'est souvent la minorité qui porte préjudice à la majorité.

Pour les autres, ceux dont le respect des ancêtres est tel que l'obéissance à la mère n 'est pas un système, mais une attitude naturelle, se sédentariser fut la seule solution pour rester en vie.

Je me souviens encore des murs élevés par le gouvernement algérien afin que les touaregs en fassent des maisons.

Ils se contentaient de s'installer sur le sol, mais il ne leur serait pas venu à l'idée de faire un toit. La plupart dédaignaient purement et simplement ces endroits et préféraient leurs tentes.

Pourtant, parmi eux, les plus malins avaient senti le vent tourner, et compris que la vraie liberté était de choisir ses contraintes.

Ou alors, de ne rien changer, et de dépérir.

Mais qui a envie de voir ses enfants mourir de faim ?

Ils s'installèrent donc dans les petites et grandes villes.

Beaucoup servaient de guide pour les quelques touristes qui venaient encore.

Ils ouvrirent des garages, des petits commerces, envoyèrent leurs enfants à l'école.

Ces enfants là, ont eu eux-mêmes des enfants.

Entre temps, la fierté touareg en avait pris un coup.

Le mépris des statiques pour ces romanichels des sables s'était bien installé, lui aussi.

Alors, cette petite théière qui symbolise les traditions du passé d'un peuple dépourvu de son aura de noblesse... cette petite théières n'eut plus la côte du tout.

A un tel point qu'on en trouve plus chez nous,

Vous êtes toujours là ?

Si oui, alors, vous avez bien mérité que je vous en fasse un.. de ce fameux thé.

Il faut dire que, je me rends compte que je n'ai pas parlé du thé lui même.

Le premier est fort..toute la puissance du thé vert équilibré par le sucre.

Il à un gout puissant, qu'on ne peut comparer à rien d'autre. C'est unique, vraiment, et sa couleur est celle de l'or liquide.

On le boit en aspirant la mousse avec un bruit particulier d'aspiration.

Le deuxième est mon préféré, il est parfumé par la menthe, un peu moins fort et toujours soutenu par l'équilibre du sucre.

Le troisième est plus doux, suave, sucré mais , là encore, si c'est bien fait, il découle en dégradé du deuxième.

Comme le deuxième découle du premier.

Voilà, cette fois-ci, j’arrête.

J'ai dit tout ce que j'avais à dire sur le sujet.

Alors, cette petite théière dont je reconnait le claquement du couvercle les yeux fermés, je l'adore.

Commenter cet article

Archives

À propos

"Comment écrire sans offenser les Dieux ? En les ignorant , tout simplement" Yasmina Khadra