Seconde chance à Bienne et ailleurs
Certains évênements récents m'ont poussée à m'interroger sur la deuxième chance.
Pas celle que l'on donnerait à quelqu'un, mais bien celle que l'on pourrait s'accorder soi-même.
Ou pas...
Quelque soit notre attitude, à nous qui n'avons pas encore trouvé dans notre vie, la personne avec qui partager nos rêves, nos envies, notre besoin primitif de fonder notre propre clan.
De construire quelque chose de nouveau.
Après, bien sûr, avoir échoué dans ses premières tentatives.
Et comme beaucoup, se retrouver seul, moitié de quelque chose qui n'existe plus ou pas encore.
La peur...
C'est ça. Juste ça.
La peur de souffrir.
De s'en ramasser encore une fois plein la gueule, et plein le coeur.
Pour qu'il soit, ce pauvre organe, si vital, réduit en cendre, ou en glace.. et qu'au matin, il n'en reste rien.
Ce qui est une image, bien sûr.
Nos coeur ne se récupèrent pas par terre avec une balayette et une ramassoire, comme un autre déchet sur le sol de nos cuisine.
Ils restent accrochés dans nos poitrine, fidèles au poste.
Et c'est pour ça que nous continuons de vivre, quoi qu'il se passe.
Par contre, il est tout à fait possible qu'ils deviennent lourd, très , trop lourd à porter.
Embarrassants.
Et qu'on aie pas du tout envie de cet état.
Parce qu'on a déjà donné, justement, et là : ça suffit!
Certains évênements donc, m'ont fait me rappeler que moi aussi, j'avais un coeur qui fonctionne tout à fait bien, mais.. et ç'est bien là tout le problème, que ce coeur refuse, de tout son coeur, de servir à autre chose que les banalités d'usage.
Pas question pour lui de s'enflammer, de battre plus fort, de s'arrêter un instant pour repartir de plus belle.
Pas question de se gonfler d'espoir pour se retrouver aussi ratatiné qu'un ballon de fête dégonflé.
D'ailleurs, même le printemps l'a compris et décidé d'être discret.
Il neige.
Pourtant.. on ne lui a rien proposé.. à ce coeur, mais il s'est mis tout seul dans les starting-blocks.
Heureusement pour lui, le pistolet s'est enrayé, et le départ n'a pas eu lieu.
Course annulée.
Du coup, il a été soulagé.
Il peut dormir tranquille etn'aura pas la question à se poser : mais qu'est-ce que je vais faire avec ça?
Parce que, même si on lui proposait rien, on le faisait d'une façons vraiment charmante.
Et c'est tout le problème..
Ce coeur réalisa soudain qu'il ne supporterais pas l'idée de n'être qu'un coeur de plus dans une collection de palpitations râtées.
C'était un coeur qui voulait se sentir important.
Si déjà.