Ciao Marco (à Bienne et Valparaiso)
Certaines personnes nous impressionnent par leur physique, d'autres par leur esprit.
Pour Marco, c'était les deux.
Discuter quelques moments avec lui et on repartait plein de nouvelles questions, parce qu'il avait l'art d'écouter et de ne pas répondre ce qu'on répond habituellement.
Il a toujours été différent, d'aussi longtemps que je m'en souvienne.
A l'école, il était fier, energique, révolté.
J'en avais gardé un souvenir mitigé.
Mais lorsque je l'ai revu, j'ai été très étonnée, en bien, par son évolution.
Evolution permanente.
Plus tard, je le croisais régulièrement.
Il était de manière permanente en état de remise en question.
Il admirait son frère, son don pour le dessin.
Il me les avait montré dans l'espèce d'atelier qu'il partageait avec d'autres, au Projet x.
Il enseignait le Taiji-Quan aux enfants qui l'adoraient.
Il recherchait, il philosophait, il méditait.
Il me laissait perplexe, à chaque fois.
Je ne savais pas quoi penser, comme s'il avait remué mes certitudes, et qu'il n'en restait plus rien d'autre qu'une table rase.
Phyiquement, il se tondait le crâne, ou se trouvait couvert d'épaisses boucles, il avait la peau sombre, le regard qui vous sondait l'âme.
Je ne sais pas ce qui lui est arrivé.
Je savais qu'il partait pour le Chili pour y retrouver son frère.
J'ai appris sa mort, bêtement, par Facebook, parce que son ami à posté l'avis de son décès paru dans le journal.
Il est écrit : avis à tout ceux qui l'ont connu et aimé.
Marco est mort, à l'âge de 44 ans à Valparaiso.
Valparaiso, c'est un nom qui évoquait pour moi, jusqu'ici la joie et la fête.
Maintenant, quand je l'entendrai, je penserai forcement à Marco.
Je ne suis pas triste.
Je suis révoltée.
Alors, c'est donc vrai? Les meilleurs doivent.ils vraiment toujours partir en premier?
Marco me souffle à l'oreille qu'il n'était pas un "meilleur" juste un homme qui à cherché et
je l'espère trouvé du sens à sa vie.
Mais qu'est-ce qui lui est arrivé?
Ma fille me dit qu'il était malade, mais je ne sais plus, je me souviens seulement de cet état particulier qui m'habitait, chaque fois que je repartais, après lui avoir parlé.
Je fais partie des gens qui ont eu la chance d'avoir rencontré Marco Martinez, un être hors du commun qui utilisait toutes ses facultés, qui avait le pouvoir d'impressioner les autres.
Dans le sens fort du terme.
Je n'ai qu'a penser à lui pour ressentr cette impression.
Et je revois son petit sourire en coin.
Je ferme les yeux et je sens qu'il est là, qu'il est content.
Qu'il sera toujours avec ceux qui sauront garder cette part qu'il offrait à ceux qui en voulait bien.
Sans l'imposer, mine de rien.
C'est maintenant que je m'en rends compte.
Alors, je suis parmis les gens qui ont eu la chance de rencontrer et d'apprécier Marco Martinez.
Dire que je l'ai aimé serait surement trop, disons que je l'aimais bien, que je le respectais,
que son évolution spirituelle me me poussait à m'interroger.
J'ai essayé de le comprendre, mais il me manquait surement trop d'éléments.
Sa longueur d'onde ne me semblait pas acessible, pas encore.
Et puis, il aimait aussi laisser planer un peu de mystère.
Ou alors, il m'arrivais de ne pas être certaine d'avoir bien saisi ce qu'il voulait dire,
Alors je faisais semblant, et je le laissais continuer jusqu'à être totalement perdue.
Il avait l'air si sur que je saisissais le sens de ses paroles, que je ne voulais pas le détromper.
Quand il s'en appercevait, ça le faisait rire.
Il éttait tellement différent.
Une bouffée d'intelligence pure dans le brouillard biennois.
Je suis révoltée, parce que le monde avait besoin de lui pour être plus intéressant.
Quel que soie le responsable de sa mort, un accident, la maladie, ou Marco lui-même, je lui en veux.
-C'est stupide! me dit Marco.
C'est ainsi, on n'y peux plus rien.
Par contre, on peut encore penser à lui, je sens même que maintenant, il veille sur moi.
Pas que sur moi, bien sûr, mais aussi sur moi.
Je fais partie des gens qui ont connu Marco Martinez et ce lien est intact, voir renforcé
parce qu'une âme aussi forte ne disparais pas.
Au contraire! Débarassé de son manteau en peau d'humain et les contraintes qui vont avec, son esprit est plus fort que jamais.
Je décide que j'ai de la chance, de n'avoir jamais été assez proche de lui, de jamais n'avoir eu besoin de lui, pour ne pas connaitre la cruelle tristesse de son absence.
Je compatis à la douleur de ses vrais proches.
Quand je pense à Marco, je ressents une force et un équilibre.
Physique et spirituel.
Il me suffit d'y penser pour le ressentir.
Et revoir ce petit sourire.
J'ai eu le privilège de rencontrer Marco Martinez,
Je crois qu'il a trouvé la paix absolue qu'il recherchait et je suis heureuse pour lui.
Et je suis certaine qu'il va m'aider, parce que lorsque nous pensons positivement à ceux qui nous ont quitté, nous leur permettons d'exister,
C'est ce que nous pouvons faire de mieux, mais même si je le voulais, je ne pourrais pas oublier Marco.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Alors, voilà, j'en sais un peu plus sur ce qui lui est arrivé et je suis très choquée. Ca ne change rien à ce que je ressent : je suis révoltée.
Je suis encore plus révoltée.
Je suis certaine d'une chose, il ne méritait pas ce qui lui est arrivé.
Une mort violente.
Si lui l'avait été, il serait encore là.
Je comprends mieux pourquoi ce sont toujours les meilleurs qui partent en premier.