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09 Feb

Au-delà des mères (à Bienne et ailleurs)

Publié par Cat  - Catégories :  #bienne, #bienabienne, #maman

Au-delà des mères (à Bienne et ailleurs)

Comme chaque européenne blanche disposant d'une conscience, j'ai longtemps rêvé d'être la bonne âme qui irait, au-dela des mers et des déserts, avec mon sacs rempli de médicaments civilisés, estampillés suisses, afin de soulager la misère du monde.

Mais bon, quand on a 13 ans, une peur récurrente des arraignées et autres insectes exotiques,ainsi que des habitudes alimentaires qualifiées de pénible par son entourage, on est assez limité.

Ensuite, on grandi , on fait "partie" d'associations diverses, comme "Amnesty Internationale", on rêve d'être une militante pure et dure de chez "Greenpeace" et d'aller couler les bâteaux pour sauver les baleines.

Mais bon, on a pas vraiment envie de dépenser ses 1franc d'argent de poche par semaine pour acheter des timbres, on ne sait pas non plus ce qu'ils vont nous donner à manger, chez "Greenpeace".Vu le nom, ça sera surement des légumes.. et les légumes, on aime pas ça.

A 18 ans, on peut enfin partir, mais allez savoir pourquoi, maintenant que c'est possible, on va à plutôt à Amsterdam. On a bien des amis qui "font" la Pologne, mais si on veut bien récolter des médicaments, rien que l'idée de manger du "bortsch" ou autres mets locaux à base de yoghourt tourné ne nous dis pas grand chose.

A 20 ans, on se décide, enfin! On va en Afrique.

On aime toujours pas les légumes et les arraignées mais on prend sur soi.

Arrivé là-bas, c'est l'hiver. On voit surtout des mouches et des fourmis et on se régale avec de la graisse de mouton grillée en brochettes épicées.

En même temps, on découvre que les vêtements qu'on mets dans les sacs sur nos trottoirs dans de grands plastiques imprimés d'un logo "bonne conscience" n'arrive pas forcement ou on pense.

On découvre le rascisme... inversé. Parce que notre esprit blanc et logique ne pouvait concevoir que les sauvages qu'on allait rencontrer puissent nous en vouloir sans nous connaître, pour des choses que d'autres blancs qui ne sont même pas de notre famille, ni même de notre pays,ont commis il y a longtemps.

Alors, on se sent comme une vache que les populations rencontrées ne pensent qu'à traire, pour en extirper tout ce qu'elle à, surtout si il y a un logo virgulé dessus.

Plus tars, on relativise. Tout n'est pas blanc ou noir, mais plutôt de nuances inconnues.

On découvre avec horreur que parfois, ceux qui aiment les enfants au point de tout quitter pour les aider, les aiment de trop près.

Tandis que les justes se font massacrer par les indigènes qu'ils voulaient sauver.

A 45 ans on sait (on a la télé) qu'il y a des gens formidables, heureusement, qui oeuvrent de part le monde.

Des médecins qui lachent le comfort des hôpitaux pour le fracas et l'horreur de la guerre.

Des bonnes soeurs qui perpetuent l'oeuvre de mère Thérésa auprès des lépreux de Calcutta.

Des anonymes qui donnent de leur temps et leur énergie .

De leur argent aussi.

J'ai tendance à penser que pour aider vraiment, il faut savoir sacrifier quelque chose.

Mais finalement, ce qui importe, c'est de pouvoir aider.

Plus le temps pas et plus je crois que personne n'aime être assisté, ni recevoir de leçons d'étrangers qui ne comprennent ni les us, ni les coutumes du pays,

Je crois aussi que la pauvreté n'est pas que matérielle. Elle est avant tout dans l'âme.

Un esprit mesquin est à mon avis bien plus à plaindre que celui qui n'a rien, mais qui sait apprécier les petits bonheur de l'existence.

Je crois aussi que charité bien ordonnée commence par soi-même.

Que nous devrions savoir regarder autour de nous, ensuite, pour aider ceux qui nous entourent.

Aujourd'hui, j'ai vu un très bon exemple d'aide à suivre.

Ce que je veux dire quand même c'est que nous pouvons tous apporter notre aide à quelqu'un.

Parce que ce qui n'a plus de valeur pour une personne peut en réjouir une autre.

A quoi ça sert de garder dans son grenier, des années durant, des objets qui pourraient servir tout de suite?

Je me souviens d'une voyageuse inconnue. Après son décès, ses merveilles accumulées dans son appartement se sont retrouvées sur le trottoir,

Des plats précieux, des vêtements de soie brodées, il y en avait des dizaines de sacs.

Par chance, nous, qui passions par là avons pu les récupérer.

Mais combien de fois ais-je vu des bennes remplies d'objets quasi neufs qui auraient pu faire le bonheur de quelqu'un, et qui seront détruit...

J'ai horreur du gaspillage..

Alors, je me réjouis quand je vois des personnes qui se dévouent pour les autres, qui récupèrent et trient des affaires de mamans pour d'autres mamans.

Ca semble l'évidence même! Si on pouvait appliquer ce principe de don et d'échange pour d'autres domaines, on en ferait des économies!

En attendant, si vous avez des affaires d'enfants qui ne servent plus et sont encore en bon état, et que vous habitez à Bienne, vous pouvez les apporter chez S.O.S. Futures Mamans.

Si vous êtes une maman qui a besoin d'aide n'hésitez pas. Allez-y !

La section de Bienne , sous l'impulsion de sa dynamique présidente, fait un travail formidable que j'ai pu constater aujourd'hui.

Alors, peut-être que certaines mamans ont honte de s'adresser à eux, mais les enfants n'ont pas ces scupules.

Ils ont heureux d'avoir des jouets, des vêtements, et tout ce dont ils ont besoin.

Et ils se fichent totalement de savoir d'ou ça vient.

Alors, franchement, il n'y a aucune honte à avoir besoin d'aide. Et encore moins d'en accpter.

Pourtant, nous avons honte...

En même temps, nous voudrions sauver le monde.

Nous devrions penser à ça, avant de vouloir faire la charité au reste de la planête.

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C
merci Michelle :)
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M
superbe,ton article cat; je suis entièrement d'accord
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"Comment écrire sans offenser les Dieux ? En les ignorant , tout simplement" Yasmina Khadra