Tamanrasset Bienne et retour
Vous connaissez Tamanrasset ?
C'est un endroit, mythique, situé dans le sud de l'Algérie. En plein coeur du Sahara, dans la chaîne montagneuse du Hoggar,
A 1400 mètre d'altitude.
On ne sent rends pas forcément compte, puisque , pour l'atteindre, il faut circuler des centaines et des centaines de kilomètres dans le sable, les dunes et les cailloux.
Par contre, les voitures n'aiment pas ça, et du coup, elles sont nombreuses à tomber en panne, arrivée là-bas.
C'est ainsi que nous avions fait la connaissance de Mohamed Raba, une figure locale incontournable.
Nous devions y rester deux jours et c'est trois semaines magiques qui m'ont marquées pour la vie.
Le désert me fascinait déjà.
Le bruit , le seul bruit que j'entendais pendant la nuit.. un bruit qui me faisait penser à une machine inconnue... c'était celui du sang qui tape dans mes oreilles.
Le son de mon coeur qui bat.
Il n'y a que dans le désert qu'on peut l'entendre naturellement.
Forcément, ça vous rapelle que vous avez un coeur.
Mohamed disait souvent : tout vient du coeur.
Il avait du charme, avec ses yeux bleus et sa peau noire.
Un charme auquel je n'ai pas succombé, mais par contre, tout le reste, sa famille si accueillante, la petite ville , sa place, la boulangerie avec ses petits gâteaux aux dattes.
Le grande grille bleue du garage, ses ouvriers avec leur dégaine pas possible, leurs muscles luisants et les vêtements troués.
Le jardin fabuleux nichés au creux des montagnes, avec ses deux sources et ses arbres venus de tout les pays.
Grand voyageur, Mohamed avait ramené de partout toutes sortes de plantes qui ne poussent pas là d'habitude.
Mais sa préférée, c'était l'Acacia.
Enfin bref, le sujet de cet article, ce n'est pas Mohamed.
C'est Abdallah.
Mais sans Mohamed, alors je n'aurais pas rencontré Abdallah.
C'est qui Abdallah ? Désormais ,c'est mon lien direct avec le désert.
Vous comprenez, cette part de ma vie, si intense, qui m'a transformée à jamais, qui m'a fait comprendre tellement de choses et poser de nouvelles questions dont je n'ai pas encore trouvé toutes les réponses, se rapelle à moi par son intermédiaire.
Facebook.. encore elle.. pour moi _Facebook est au féminin à encore frappé.
c'est ainsi que je l'ai rencontré virtuellement.
Je savais que lui aussi venait de Tamanrasset, et lui qui connait si bien la Suisse pour l'avoir traversé de long en large à de la famille à Bienne.
Le hasard n'existe pas .
Je n'ai pas rêvé. Alors qu'il ne me reste presque rien pour me prouver que j'y étais vraiment. Abdallah qui a connu Mohamed aussi, me prouve que tout ça est bien réel.
Mias pas seulement.
Que ce n'est pas fini.
Que j'ai bien quelque chose à voir avec cette mer de sable.
Mohamade disait encore ; je n'ai pas besoin de savoir nager, je suis déjà dans la mer.
Donc Abdallah , c'est une personalité tout à fait passionnate aussi, par son histoire.
Vous savez quoi ? a force de cotoyer des suisses, il en a presque l'accent !
Mais quand il m'a contacté pour me dire qu'il était à Bienne, je ne savais pas tout ça.
Je savais à peine à quoi il ressemblait.
Alors, quand je suis arrivée sur le lieu de rendez-vous, j'ai vu de loin deux grands africains.
Le genre lookés et sure d'eux.
Je me suis dit.. ça y est, il est venu avec un copain.
Mais aussi.. ohlala, si il est comme ça.. et j'ai passé mon chemin en les regardant à peine.
Heureusement, j'ai continué le long des bancs et il était assis là.
Et je l'ai tout de suite reconnu.
J'ai eu confiance aussi.
Alors, même si on est déjà amis sur Facebook, maintenant, la vie nous donne la possibilité de l'être aussi dans la vraie vie.
Pour moi, c'est une sorte d'évidence. Comme si il était l'ambassadeur du destin.
Mais même, si je n'étais jamais allée à Tamanrasset, je voudrais être amie de cette personalité au caractère bien trempè dans le bois pétrifié du désert, qui tel les grains de sables transporté par les vents du Sahara, voyage jusqu'en Europe.
Et qui connait tout le monde !
Voilà Abdallah, la prochaine fois qu'on se verra alors, ce sera chez moi.
Parce que je sais. si c'était l'inverse. si j'arrivais à Tamarasset, alors je n'ai pas oublié l'hospitalité hors normes aux codes ancrés dans les millénaires qui se pratique lé-bas chez ce peuple qui a tout et qui n'a rien.
Ce sera un honneur de le recevoir dans ma maison.
Pour vous donner un exemple, Mohamed nous avait acceuiili nourri , blanchi, mis à disposition un jeep avec un guide pour qe l'on puisse visiter les environs. Lors des repas , il passait lui même avec l'eau pour le lavage de mains rituel.
Il faut bien se rendre compte d'une chose, c'est que dans le désert, tout ce qui ici existe et détourne notre attention n'existe pas.
Par contre, à la place... ohlala.. des forces incroyables, capables de transformer le paysage en quelques heures quand le sable se soulève jusqu'a ce qu'on y voie plus rien.
Des forces invisibles aussi, effrayantes, mortelles. Et d'autres , qui sont la beauté même.
Alors oui, il m'apelle ce sacré desert,
J'ai dit que je reviendrais, pour visiter l'Assekrem. A l'époque j'avais refusé, parce que c'était l'endroit touristique par excellence et je fuyais les autres touristes.
Je voulais oublier que j'en étais aussi une.
J'avais acheté un pantalon traditionnel avec une ceinture en cuir terminée par une sorte d'épi pour chasser les mouches.
Avec un chech, bien sur..le foulard kilomètrique indispensable pour tout un tas de choses.
Je me sentais à l'aise dans le désert, je me sentais chez moi.
Mais une nuit, ou je m'étais éloignée seule pour.. enfin vous voyez.. alors que j'étais en pleine action deux yeux rouges se sont allumés dans la nuit, avec un drôle de froissement qui m'a fichu la trouille de ma vie !
Vous avez compris.. si on me lance sur le sujet.. j'y suis encore le lendemain.
Je pourrais écrire un livre, facilement, tant j'ai de souvenirs marquant.
Tant les ocres en dégradés de citron et d'orange qui illuminent ces montagnes aux formes préhistoriques m'ont imprégné le cerveau, la moêlle épinière même.
Le désert est cruel pour ceux qui le méprisent .
Mais ceux qui l'aiment lui appartienne à tout jamais.