Le chien bleu (Bonheur : mode d'emploi suite)
Il était une fois un chien, enfin, une chienne qui était si noire que. lorsqu'on, lorsque je la peignais soigneusement, elle avait l'air d'être bleue.
Un beau bleu nuit, profond et luisant.
Pas assez pour éclairer, ceci dit.
Pauvre Prisca, si tu dors profondément, je ne te vois pas.. et je te marche dessus.
Je me sens très coupable.
En fait je pense à ça à cause d'autre chose, qui me fait culpabiliser aussi.
Comme je le sais depuis longtemps, le malheur des uns fait le bonheur des autres.ume comme ça, mais jusqu'à aujourd'hui, je faisais une grosse distinction entre :
-ceux qui se délectent comme d0une nourriture raffinée des soucis qu'on leur expose: des sortes de vampires suceurs d'énergie
-Ceux qui ont absolument besoin que leur conjoint, leur enfant, leurs proches aillent mal, afin de se sentir forts.
-Et moi, qui me donne bonne conscience avec le raisonnement suivant _: quand je vois un aveugle, quelqu'un en chaise roulante, des enfants du tiers-monde .. je me dis : rolala j'ai de la chance d'avoir un toit et à manger et d'être en relative bonne santé.. en comparaison. Je pousse le vice jusqu'à rajouter : on a pas le droit de se plaindre quand d'autres vont aussi mal.
Hors, aujourd'hui, j'ai pris conscience que tout ça revenait absolument au même.
C'est dit trois fois différemment, mais le principe de base est répugnant dans les trois cas .
Se sentir bien parce que d'autres vont mal, ça pue.
L'empathie, la compassion sont deux choses différentes.
Je ne vais pas vous dire comment être dans vos vies, mais dans la mienne, à présent, je vais tenter de rayer définitivement cette sale habitude et pratiquer l'empathie qui me permettra de me rapprocher de ce que ressentent vraiment ces personnes et la compassion, qui leur fait une belle jambe mais qui me permettra à moi de rester humaine sans trop souffrir.
Parce qu'il y a une autre point que je ne discute pas :
Souffrir pour les autres ne les aide pas.
Souvent même , garder le moral est la meilleure chose qu'on puisse faire pour quelqu0un qui va mal.
A condition de ne pas être heureux d'être mieux que lui, mais, subtile distinction : être heureux pour que lui puisse l'être davantage.
J'ai bien conscience qu'on ne change pas 47 ans de mauvaises habitudes en une minute, mais je vais essayer, de toutes mes forces, je vais tout faire pour changer ça.
-Et le monde s'en portera mieux ?
Exactement.
A coup de petites gouttes qui vont les pluies , qui nourrissent les rivières qui se jettent dans les lacs.
-Et comment t'as compris ça ?
Parce que quelqu'un que j'aime énormément agit inconsciemment ainsi avec moi et ça me fait tellement de mal que je peux décemment plus infliger le même à qui que ce soit.
A commencer par mes enfants.
Moi non plus je n'en avais pas conscience, mais il parait que ça se manifeste ainsi chez moi : toujours quelque chose à râler..
Le français est râleur de nature, on ne fait pas la Révolution quand on est capable de se satisfaire de tout.
Mais voilà, râlons oui, mais pas n'importe c
Etre capable d'être heureux pour les autres, c'est vital.
Surtout si ils vous font le cadeau de partager leur bonheur..
Acceptons le.