La photo en noir et blanc
Sans décor ou presque, sans vêtements ou presque.
Juste le visage.
Juste le regard.
L'expression.
Un reste de dureté, un reste de contrôle.
Parfois, c'est moins facile que d'autre.
Car les gens ne peuvent pas tricher face à l'appareil.
Il capte tout.
Je savais qu'elle était belle.
Je croyais que la couleur de ses yeux était importante.
Elle l'est, mais pas tant que ça,
Puisque , après réflexion, le noir-blanc révèle encore mieux cette pureté du regard, intact
après toutes ces années.
J'aurais pu prendre son oeil quand il est malin, quand il brille et pétille, avec ce coté gitane venue d'ailleurs.
Ses longs cheveux tellement fournis que j'en étais jalouse quand nous étions enfant.
Bon les miens n'étaient pas mal non plus, mais ses milliers de bouclettes serrées et libre à la fois me fascinaient.
Comme tout ce que je n'avais pas.
J'aurais voulu être noire, avec des yeux bleus, avec les cheveux ... je ne trouve plus le mot.
Je suis fatiguée, mais contente.
Je ne trouvais pas, dans ce shooting là une photo qui me plaise vraiment.
A cause du contrôle justement.
Un contrôle qui donne une certaine froideur, tellement lointaine , et lointaine encore, par rapport à sa personalité joyeuse.
A la fin, comme souvent, c'est moi qui décide du vêtement, de la coiffure et de la pose.
Et le modèle fatigué se relâche.
Pour celles qui se contrôlent, c'est là que j'ai une petite chance de saisir un instant précieux, ou elles se relâchent.
A peine, pour celle-ci.
Il y a même une certaine tension. à cause de la pose, justement.
Mais une tension qui lui va bien.
La tension c'est la jeunesse.
Avec l’âge on se relâche, mais la dureté, elle vient d'autre chose.
De la conscience, je pense.
Le mot que j'avais retrouvé est reparti.
Je suis envahie par les chats, mais contente tout de même.
Parce qu'ils sont tous placés.
En un seul jour, j'ai trouvé des places pour tout le monde.
De bonnes places, chez des amis ou amis d'amis.
Je suis doublement contente.
Même si une visite surprise m'a gâché un peu la journée.. comme si je n'avais pas assez payé encore.
C'est tellement injuste.
Je mets des vignettes , je m'applique à les mettre le bon jour, mais il m'arrive de me tromper.
Et c'est ce qui est injuste.
Dans de nombreux quartier, on peut le faire impunément, mais malheur à moi si je me trompe.
Et ce n'est pas une , mais deux amendes qui me sont arrivée coup sur coup.
150 francs pour une poubelle mise le soir avant.
N'est-ce pas un peu exagéré ?
Et malgré que j'ai payé l'amende précédente, alors, il faudrait que je paie celle-ci aussi alors que je n'ai déjà.
plus un centime, mais réellement pas un centime alors je vais devoir aller en prison.
J'y ai échappé de justesse la dernière fois.
Mais là, pas de pitié, ou presque.
Ils étaient prêt à m'emmener pour passer la nuit au poste.
Une soirée et une nuit et encore une journée.
Et pendant ce temps, mes animaux, mon fils surtout seraient seuls.
Donc qu'importe si je ne peux pas m'en occuper, qu'importe s'il leur arrive quelque chose.
La justice sera contente.. j'aurai purgé ma peine, payé pour mon crime, avec ma liberté.
Alors, j'ai supplié, j'ai imploré, je me serais mise à genoux sans problème tellement je me fiche de mon honneur dans un instant pareil.
Ne reste qu'une femme et ses chatons, qui ne sait pas encore comment, mais qui veut rester s'en occuper.
Je sais que ça parait ridicule, vu de loin.
Mais c'est une réalité.
Ils étaient là, avec le visage aussi grave que si j'avais tué quelqu'un.
Si j'avais eu cet argent, j'aurais rigolé, je leur aurais dit : mais vous vous rendez compte, un peu, que vous venez m'arrêter pour une poubelle !!!!!!! pas deux , ni trois, juste une et vignettée encore !
Alors, j'ai supplié, j'ai même proposé qu'ils viennent constater par eux-mêmes le vide intersidérale de mon frigo (vous inquiétez pas, les chats, eux ont tout ce qu'il faut ).
Ils ont refusé.
Par contre, dans sa grande bonté, le responsable de l'expédition punitive m'a accordé trois jours. Je l'aurais embrassé (quand je vous dit que je n'ai plus d'honneur), mais ça ne se fait pas ,alors je lui ai tendu une main qu'il a serré avec un dégout perceptible,
On ne sait jamais ce que les pauvres dans mon genre peuvent avoir comme maladies.
Je suis bien à Bienne, mais vraiment... vraiment, quelque chose à changé.
Ceux qui n'ont pas d'argent, ceux qui ont des difficultés, ceux qui sont âgés et ceux qui auraient plus besoin d'aide que les autres, n'ont jamais été autant persécuté.
Le mot n'est pas faible, ni exagéré, il est parfaitement ajusté aux circonstances.
Alors, dans cette ville de fous, les pédophiles continuent de travailler et n'ont, eux, pas peur d'être dénoncés, puisqu'ils savent de sordides petits secrets qui les maintiens en
liberté, eux, tandis que leurs victimes paieront toutes leur vie d'avoir un jour croisé leur chemin.
Dans cette ville de fous, on peut se promener tout nu, pour peux qu'il s'agisse d'art.
Dans cette ville de fous, on à besoin de 10 contrôleurs pour assaillir un seul bus.
Dans cette vile, les amis des bien placés ont du travail, quitte à leur en inventer un.
Dans cette ville, on économise sur les plus pauvres, tandis que le préfet ... dans son beau château. J'ai mis des petits points, parce qu'à part autoriser les gens à se balader tout nu, je ne sais pas ce qu'il y fait.
Dans cette ville de fous, on accouche d'un Nicolas, qui peut partir en croisade au nom d'une religion qui fait des dégâts terrible en ce moment, quand elle est aussi mal interprétée. Quand d'autres fous de par le monde s'en emparent à leur tour et jettent à la face de la planète , leurs pitoyables dégâts relayés sur Youtube.
Oh, toutes les religions font des dégâts, je n'ai ni préférences, ni rejet.
Je ne le juge même pas ce Nicolas qui fut autrefois mon ami,.
Je le comprend, même, quand il utilise les failles du système à son propre compte.
Un système qui m'a laissé trois mois sans rien,
Sous ce manteau de prédicateur, il reste un jeune homme révolté.
Je le comprends, mais je ne suis pas d'accord avec lui pour autant.
Les fous me font peur.
Les ignorants me font peur.
Les hommes et les femmes convaincus de leurs bon droits sur les autre, qui oublient que la morale ne fait pas partie de leurs obligations professionnelles me foutent les jetons.
Il n'y a pas que la religion qui fasse des dégâts.
La politique est tout autant dévastatrice.
J'ai croisé le maire, à pieds dans la rue.
Un peu plus, je me serais jetée sur lui pour tenter de le raisonner.
Je lui aurais dit , "eh ! Eric ! mais qu'est-ce que tu fais ! ??? tu veux nous exterminer un par un ? jusqu'à ce qu'il ne reste plus que de bon citoyens terrorisés à l'idée qu'eux aussi pourraient tomber plus bas que terre ?
Parce que ces bons citoyens ont tous dans leur famille un vilain petit canard qui sert de croquettes pour les ours. .
Finis le temps ou l'on avait de la réserve.. fini le temps des folies.
C'est juste le temps des fous...
Alors on me dit : tais- toi.
Mais croyez vos un instant que ma misérable carcasse puisse avöir ne serait-ce qu'une micro seconde la moindre influence sur les fous ?
Les fous n'écoutent ni n'entendent.
Ils ne savent pas non plus qu'ils sont fous.
Et s'ils le savaient, alors ils déclareraient que c'est la norme, ils trouveraient un autre nom,
Les cartes que j'ai en main ne valent rien, puisqu'ils savent déjà tout.
Et que j'ai beau crier, ils savent comment étouffer le bruit.
Alors ? est-ce une raison pour se taire ?
Je ferai de la politique un jour, quand j'aurais compris comment utiliser le système.
Pour l'instant, je suis encore trop naïve,
Tellement stupide même parfois.
Bon, j'ai des excuses, il faut faire avec, quand on a le cerveau qui fonctionne à l'envers et
qu'il faut s'écraser sans cesse pour ne pas faire exploser la bombe qu'on a chez soi.
Mais ça me renforce, chaque jour qui passe je deviens plus forte.
Plus on me traine et plus je détruit ce blindage qui ne sert à rien d'autre que de m'empêcher de voir ce qu'ils voudraient cacher.
Alors j'accepte, et je regarde autour de moi.
J'y vois des hommes, des femmes surtout, meilleures.
Je vois tout cet amour que nous partageons a travers ceux qui ne peuvent pas nous parler, mais qui nous disent tellement.
Tout ces gens que je connais, pour qui le chat ou le chien est un membre de la famille, me donnent de l'espoir.
C'est la vie même qu'ils protègent.
Tant que les animaux seront capables de nous supporter, alors tout est encore possible.
-Aller se coucher, par exemple ?
Ah oui. bonne idée,