La folle journée de Madame de Bienne
Ce matin là, Madame de Bienne fut réveillée par la sonnette de la porte d'entrée.
La bonne fée des chatons avait enfilé ses Dock Martin's et volé jusqu'à elle pour sauver ses chatons de la famine.
Famine relative, il est vrai, vu la grosseur des chatons en question.
Mais tout les propriétaires de chats le savent : un chat, c'est difficile et ça mange beaucoup.
Alors 8... il faut les nourrir !
Heureusement donc, la bonne fée des chatons habitait assez près de chez Madame de Bienne.
C'est donc, avec sa gentillesse habituel et son amour inconditionnel pour tout ce qui à 4 pattes et des oreilles en pointes, que la bonne fée des chatons leur apportait de la nourriture de luxe.
Madame de Bienne empli donc les écuelles et son armée de hooligans poilus se jeta sur leur contenu.
Madame de Bienne n'avait par contre pas du tout envie de faire son ménage.
Aux toilettes, l'article d'un vieux Femina la conforta dans son opinion :
Pensez à vous! disait la journaliste.
Madame de Bienne se dit qu'elle allait suivre cet excellent conseil.
Mais voilà.. tandis que Madame de Bienne gland.. euh, vaquait à ses occupations dans son appartement, à l'autre bout de la ville, sa mère adorée avait besoin d'elle.
La situation était la suivante, son voisin (décidément les voisins sont source de nuisances)
son voisin disais-je, l'empêchait de se reposer en mettant très fort, sa musique de sauvage.
Le sang de Madame de Bienne s'échauffa rapidement.
Dans le même élan et sauta sur son cheval d'aluminium doré et pédalant comme une forcenée, elle se dirigea vers la maison maternelle.
Bravant les éléments déchaînés.
Sur la route, des vestiges de la tempête nocturne jalonnaient sa route.
Madame de Bienne repensa à sa terrasse dévastée et pédala de plus belle.
Longeant les arbres.
Passant entre les gouttes.
Arrivée chez sa mère, elle constata immédiatement le boum boum des basses qui résonnaient dans le salon.
On aurait pu croire que la mère de Madame de Bienne s'était soudain mise à aimer la techno.
Mais ça provenait bien de l'étage au-dessus.
Madame de Bienne mère ne savait plus comment faire pour tenter d'avoir un peu de paix auditive.
Sa fille , elle savait que le seul moyen efficace consistait en une petite conversation avec le voisin indélicat en question.
Encore fallait il que le voisin lui ouvre sa porte.
Certaines personnes sont ainsi.
Elles fuient à l'intérieur.
N'ouvrant plus à personne.
C'était le cas du voisin de Madame de Bienne mère.
Il n'aurait ouvert à personne... sauf à Madame de Bienne fille.
Allez savoir pourquoi, mais c'était ainsi.
La pauvre chose déglinguée qui se tenait dans l’encadrure de la porte tenait à peine sur ses jambes tremblotantes...
Madame de Bienne fille eut pitié.
Le voisin la laissa entrer et mettre le volume moins fort.
En même temps, la détresse de cet homme l'ému et elle lui proposa son aide..
Il accepta.
Sur le chemin du retour, une batterie.
Une vraie batterie de professionnel ,
installée sur le trottoir,
avec les vignettes rituelles.
Du gros matos bien lourd.
Tandis qu'elle installait l'instrument sur son vélo une voiture s'arrêta.
Des jeunes gens sympathiques, qui arrivaient trop tard.
Madame vit là l'occasion de faire une bonne action.
Madame avait fait les scouts dans sa jeunesse.
C'est toute légère qu'elle repris sa route.
Joyeuse et pleine d'espoir.
En France, Christine lui avait envoyé de la bonne énergie avant qu'elle ne parte.
Madame la sentait.
D'autre bonne surprises attendaient Madame de Bienne ce jour là.
Une journée bien remplie.
Un ménage pas fait, tant pis.