Hello Hello! à Bienne et ailleurs
Ce matin à bien commencé. Par un message qui fait du bien.
Il y a des gens comme ça, genre Catherine Deneuve, froide à l'extérieur et avec un coeur si grand à l'intérieur qu'on le cherche en vain dans les proportions habituelles.
En fait, on ne le voit pas, c'est paradoxal, parce qu'il occupe une bien plus grande place que la moyenne des gens, mais il suffit de s'adresser à ce coeur, et il répond. Et ça fait du bien.
Finalement, ce qui me plait chez les gens c'est ça. Cette capacité à donner.
Moi je sais très bien recevoir. J'aime donner aussi, mais tout compte fait, je préfère nettement recevoir.
Il existe de pauvre gens qui ont si peu reçu qu'ils ne savent pas comment accepter la moindre chose.
Ou alors, ils se méfient : mais qu'est-ce qu'on va bien vouloir de moi, en échange?
On oublie que nos vies nous appartiennent, qu'on peut dire non.
Les regrets sont une forme de peur, eux- aussi.
Et il n'y a rien de pire que la peur quand on veut avancer.
C'est elle, toujours elle et rien qu'elle qui nous freine, comme un cheval têtu qui refuse d'aller au pas.
On à beau éperonner, faire claquer les rennes, dire "hue!". Ca ne bougera pas d'un millimètre.
Tant qu'on aura peur.
En sortant pour ma ballade du soir, j'ai fait quelques rencontres.
Je me suis même fait draguer! Il y a longtemps que ça ne m'étais pas arrivé!
Je ne parle pas des quelques compliments banals ,copié -collé de ceux reçu 5 minutes plus tôt par la fille qui vous à précédé.
Je parle de quelqu'un qui a pris son courage à deux mains pour venir vous voir, qui ne sait plus ce qu'il dit tellement il est ému.
On à même l'impression qu'il c'était préparé, pour vous impressionner.
Mais visiblement, votre charme irrésistible l'empêche d'être totalement cohérent.
Dans une phrase, il vous donne son adresse et son curriculum vitae.
comme s'il passait un entretien d'embauche.
Vous rigolez intérieurement.
Mais vous l'écoutez un peu, parce que ça fait toujours plaisir.
Vous doutez de sa santé mentale, lui trouvez des excuses..
Cependant, c'est tout juste s'il ne vous demande pas de l'épouser.. et vous trouvez qu'il s'approche d'un peu trop près.
Dans sa deuxième phrase, il en est déjà à parler de son ex...
Bon, il est suisse-allemand. Il n'y peut rien le pauvre.
La moitié de la ville l'est aussi.
Ca se transmet génétiquement,
Ca peut être presque charmant, ce petit accent et cette volonté de s'exprimer malgré de grosses lacunes vocabulairistiques-
Enfin bref.. mon détecteur de cinglé pointe dans le rouge, quand il aborde le chapitre de son service militaire.
D'après mon analyse, c'est fort probable que cet homme avait un jour toute sa tête.
Qu' il vit encore confortablement, mais que la dépression et les médicaments en ont fait ce qu'il est actuellement.
Je le quitte , le plus gentiment possible, après avoir déposé dans son cerveau embrouillé , l'indication *pas intéressée". Mais subtilement, hein!
Je dis : que je suis mère et grand-mère.
Je reste moi et il reste lui.
C'est mon voisin.
Je le croise souvent.
Il habite dans une belle maison pas loin de la mienne.
Je crois qu'il a compris que je ne cherchais rien..
Enfin, ça ne se commande pas ces choses là.
Je trouve aussi que les médicaments contre la dépression ne font pas que du bien.
Tellement de gens en prennent qu'à force, je reconnais tout de suite quand quelqu'un
se maintient en vie avec ce système.
Ca me donne l'impression qu'il est entre parenthèse. Suspendu chimiquement à côté de sa vraie vie.
Il existe des gens tout à fait capable de travailler, et même de s'élever socialement grâce aux médicaments.. Là, ce n'est pas leur vie qui est en quarantaine, c'est une part de leur esprit..
Mais même si mon prince charmant , qui tarde à trouver mon adresse, se trouvait dans cet état, alors, je trouverais le chemin pour aller jusqu'à lui.
J'avais des critères très exigeants, il n'y a pas si longtemps.
Des critères dictés par la peur..
Mais quand on aime vraiment, on a peur de rien.
J'aimerais rencontrer celui avec qui je ne me poserai pas de question.
Que je prendrai comme il est , qui m'acceptera comme je suis.
Il me semble que c'est une meilleur base que d'avoir un bon compte en banque.
Quelqu'un avec qui je me sentirai bien.
Quelqu'un dont j'aimerai les silences, autant que les mots.
Je suis sure qu'il existe.
Je n'aurai pas besoin de me battre.
Tout coulera de source.