Bienne que j'aime
Ca faisait longtemps, mais ça m'a pris d'un coup, arrivée sur l'esplanade, l'ex parking de la Coupole transformé en place à vivre, avec ses flaques qui semblent naturelles, dans lesqueles se baignent des enfants tout nus, des canapés récupérés, des parasols, des petites plantes...
Une scène, et au fond, devant le palais des Congrès, la traditionnelle battle de break avec les meilleurs de la ville, qui s'affronte amicalement dans une ambiance, douce, vraiment, c'est le mot.
Quelques stands, des tables, des jeunes, des vieux, des enfants, mais surtout
des jeunes... beaux, différents , souriants et cools.
Je me suis senti fière d'être biennoise.
Je me suis glissée facilement au-devant, pour admirer les danseurs.
Je me sentais à ma place.
Pourtant , dans ce monde là, je ne connais personne.
Mais c'est ma place de biennoise, de regarder notre culture vivante, avec ses grafs, sa musique, ses danseurs , tellement talentueux.
Année après année, je les vois progresser.
ca y est, ma grosse Wapette vient s'installer sur mes genoux.
Elle me laisse écrire, mais elle surveille,, et parfois elle tente de grimper ou de mettre sa patte.
Ou elle me mordille.
Je me suis attachée à ces 4 chats abandonnés.
Je la regarde et je me rends compte que c'est Sweety, en fait.. mais bon , mes deux chats noirs ont le même âge, et vu du dessus il est très difficile de les différencier.
Bon je reviens à ma vie de biennoise toute fière.
j'ai ma place.
D'ailleurs j'ai une nouvelle idée.
Je ne sais pas ce que ça va donner, mais je vais surement essayer.
Je vous en reparlerai.
Vous savez, j'étais avec ma petite fille, on a dansé toutes les deux, c'était un moment de grâce.
On s'est éclaté, et quand j'ai voulu rentrer, elle à dit : déjà ?
Et vous savez le plus beau, le plus significatif ?
On vit dans une ville remplie de voleurs de vélos.
carrément des bandes organisées, qui les ramasse avec des camionettes.
Eh bien samedi, j'ai parqué mon gros vélos, avec ces pneus énormes, qui attire tellement de convoitises.
Et quand nous sommes rentrées, j'ai vu que j'avais laissé la clé sur le cadenas, bien en évidence.
Voilà, je me rends compte que j'étais sur la bonne voie, je dois persévérer.
Ca aussi on en reparlera.
Je me reconstruit, y'a du travail encore.
Véronique est passée, elle m'a apporté des petite bouteilles d'Orangina dans leur bouteille en verre.
Ca me transporte à chaque fois, vers mes vacances à la mer.
Vers la France de mon enfance, qui n'existe plus.
Gangrénée par la violence, la pauvreté.
Nous avons tellement de chance de vivre en Suisse.
Ces petites bouteilles, on ne les trouve pas facilement chez nous.
Même si elle sont lourdes et encombrantes. Véronique m'en ramène depuis la France.
Parce qu'elle sait que ça va me faire plaisir.