Petites histoires de biennoise
Il est 5h.
Par la fenêtre de la cuisine, la lune presque pleine éclaire le ciel comme un lointain et magnifique projecteur.
Au milieu du salon, Sora allaite tout les petits chatons.
Les siens et ceux de sa soeur.
L'appartement est en travaux.
Les cartons s'amoncellent partout et de ci-de là, on voit les efforts de changement.
Sans argent ça ne va pas aussi vite que ça devrait.
L'unique pain qui devait profiter à tout le monde à déjà disparu das les estomacs masculins.
Je n'en ai pas eu une seule tranche.
Pourtant c'est moi qui l'ai apporté.
Ici, c'est la jungle.
Premier arrivé, premier servi.
On planque le reste, quand il y en a.
Et le paquet de sticks au sel géant, posé près de mon ordinateur a suivi le même chemin.
Mais là, j'ai pu en manger quelques-uns.
Je n'ai pas faim.
Mon estomac a tellement rétrécit que je suis bourrée avec un micro-paquet de nouilles chinoises.
Délicieuse, mais très mauvaises pour la santé.
La santé coute cher...
30 paquets de nouilles pour 9frs 95 chez Radical.
Hier, j'ai retrouvé des photos de moi, l'année passée et je me suis trouvé grosse ,en comparaison.
Je revois le petit regard sadique de celle payée pour ne rien faire d’autre que pourrir nos existences, quand je lui fait remarquer que j'ai beaucoup maigri.
Combien coute une place à l'année pour un autiste adulte ?
Combien de millier de francs d'économie fait-on sur mon dos?
Il faudrait que je puisse travailler beaucoup plus.
Mais ça on s'en fiche.
Je gêne.
Mes revenus irréguliers compliquent les calculs.
J'aime tellement cet appartement.
J'aime tellement les gens avec qui je vis.
Ils ne font jamais semblant.
Ils sont.
Sans masque, Sans faux semblants.
Je suis moi-même aussi.
Sans fard, sans artifices.
Dans ma vieille robe de chambre
Je ne me la joue pas *femme de*.
je n'appartiens qu'à moi,
Et c'est bien comme ça,
Le reste c'est de l'humour.
J'ai le moral.
J'ai rit plus ces derniers mois que ces dernières années.
Je ne chiale plus.
La chialeuse est mal vue par ici.
Pleurer, 'est réservé aux larmes de joies.
Celles qui me viennent quand mon proprio me dit que je peux rester.
Je veux oublier cette ... qui essaie de saboter mes efforts.
Il faudrait débarrasser la terrasse.
Et les ordures coutent cher.
Du pain, de l’électricité... voilà la base.
Mais comment assurer, quand les sources sont coupèes ?
Mes amie sont absolument formidables.
Je dois le dire
Elles se relaient sans rien dire.
Sans se vanter de leurs bontés.
J'avais tellement faim que je me suis jetée sur un petit Panetone innocent...
Et il faudrait encore 200 frs pour m'éviter un séjour en prison pour crime grave ; pas payé mon billet de train.
Du Landeron à Bienne,
Après le mariage , et des heures de boulot, je dormais à moitié.. et je n'avais pas sur moi l'ombre d'un centime.
Comme la plupart du temps.
Je ne me plaint pas, c'est pas ça.
Je suis révoltée , parce que c'est une situation injuste.
Longue et compliquée, je vous l'épargne,
Personne n'a le droit de me juger sur ma façon de vivre.
Il faudrait juste essayer pour voir !
Mais je ne suis pas la seule,
Les messages privés me rassurent dans le sens inverse.. beaucoup savent...
Je ne veux pas me battre encore contre ce mur répugnant qui tente de s'élever devant moi.
Ca serait pisser dans une guitare (on a pas les moyens d'avoir un violon non plus).
On cherche à avancer, mais on nous mets des grosses pierres en travers de notre chemin,
Ca tombe bien.. on avait envie de faire du sport.
Et si vous avez envie de m'aider..
donnez moi.. du travail !!... ou alors des vignettes poubelles.