The CArpeT Syndrom
J'ai honte... à un point, je ne vous raconte même pas.
Vous n'y croiriez pas.
Contentez-vous de me faire confiance sur ce coup là : si je vous dit qu'il y a de quoi se taper la tête contre les murs et d'avoir des envies de disparaitre dans un trou de souris ( et vice-versa)
c'est qu'il y a de quoi.
Mais voilà ...
-Ahlalala... ça sent l'excuse bidon.
Ca aussi.
Bon, c'est un fait, putain, pas une excuse, je n'ai jamais su me défendre.
Défendre les autres ? pas de problème, je suis la première sur la brèche.
Mais moi ? pourquoi faire ?
De toutes façons je mérite ce qui m'arrive... alors...
Changer.. est-ce que c'est vraiment possible de changer ?
Modifier profondément son ADN pour s'améliorer?
Alors c’est clair, là, je suis partante.
Y'a du boulot, ok, et c'est justement pour ça, vu mon avidité d'apprentissage que je réponds présente.
En attendant, j'ai hyper-honte.
Parce que je prends conscience, comment à force de m'être laissée rabaisser, j'ai pu me mettre à disposition ..
Autrement dit : tendre son cul pour se faire battre...
-Ah bon ? on t'a frappé?
Mais non, c'est une image.
Terrifiée plutôt, humiliée...avec mon consentement actif.
Puisque je ne connaissais plus que ça...
Puisque j'avais si peu d'estime...
Parce que l'estime de soi et la confiance sont deux choses très différentes.
On peut très bien apprendre à cultiver sa confiance et négliger totalement son estime.
C'est ce que jj'ai fait.
Et j'ai honte.
Honte de moi, au point que les images défilent dans ma tête et les mots avec...
la bande son qui m'est insupportable.
Ce n'est pas moi.
C'est une autre.
Ce n'est pas possible d'en être arrivé là.
Pourquoi ?
Par désespoir, à force de vivre dans ce monde d'enfants-Roi et de mère esclave.
Alors comme l'Univers est bien fait, il tends un miroir...
Il tends.. de temps en temps.
Et la baffe qui va avec.
Je me suis vraiment énervée aujourd'hui.
J'ai poussé ma boëlée.
Et juste après, je me suis regardée par hasard.. dans le miroir.
Ce n'est pas difficile, puisque chez moi, il y en a partout des miroirs.
Je me suis regardée donc, et je me suis trouvée belle.
Avec le visage ouvert et étonnement détendu.
J'en tire la conclusion que c'est très bien d'être positive, mais qu'il faut aussi savoir dire STOP.
Et le dire haut.
Et le dire fort.
Ca me semble contre nature, contre ma nature.
Et puis, pas tant que ça.
Parce qu'il y a une chose que j'ai appris, c'est qu'on ne sait jamais.
Tant qu'on pense avoir le controle, alors les beaux principes sont faciles à expique.
Je ne suis pas raciste.. je suis contre la peine de mort, je ne suis pas si jalouse, je m'en fiche....
TU PARLES!!!
La femme civilisée... secouez la un peu et vous verrez quelle furie hystérique elle deviendra.
L'écume aux lèvres, les yeux injectés de sang et les griffes en avant.
Prête à mordre.
Il suffit de peu très peu.
Juste appuyer sur le bon bouton.
Mais la, je m'égare.
Je reviens sur la honte..
La honte.. qui est en rapport avec la peur.
la peur est une saleté.
La peur paralyse le cerveau.
La peur empêche d'avancer.
La peur peut rassurer même, parce que c'est un processus connu.
Au point d'en arriver à la peur de ne pas avoir peur.-
C'est grave.
Oui c'est grave.
Des excuses ?
J'en ai tout un lot.. mais la, c'est pareil.. les excuses sont les petites soeurs de la peur.
Je regarde Kiko.. le petit chien sans dent.
Il devrait être liquéfié par la peur, quand il croise n'importe quel autre chien.
Eh bien non,
Il a confiance.
Il sait qu'on ne laissera pas faire.
La peur est en rapport avec la solitude ?
Non, parce que j'en connais qui n'ont peur de rien.. même tout seul.
Quand on a de l'estime de soi, alors, on ne laisse personne vous rabaisser.
Je me rends compte maintenant, à quel point j'ai encore du travail a ce niveau là...
Merci Yvan.
Merci Connard.
-Connard ?
Oui mais avec une majuscule.
Connard, hstoire de ne pas être trop gnangniante.. et Connard, parce que parfois c'est vrai.
Mais réflexion faite.. ça me fait avancer aussi.
Comme il dit souvent.. on est pas obligé de prendre ce qu'il apporte, mais si on le fait, alors, on en sortira pas intact.
C'est ce qui m'arrive.
L'effet que je produis sur les gens quand is viennent faire un shooting chez moi,
c'est qu'ils en ressortent grandi.
C'est pareil là.. en plus profond.
Puisqu'on habite ensemble, alors c'est tout les jours que je peux progresser.
Il reste du travail, énormément de travail.
Mais j'avance.
Oh oui j'avance.
Au point de déjà constater mes progrès.
Au point d'avoir honte de ce que je pouvais être il y a encore qq mois.
J'exagère ?
Si seulement.
Et pourtant, ça va bien.
Ca va très bien.
Parce que rien n'est plus important pour moi qu'évoluer.
Voilà pourquoi aussi, je ressent un léger malaise quand on me dit que je suis quelqu'un de bien.
Parce que je me connais.
Je peux être immonde.
Je peux être minable.
Je peux me rabaisser à un point à peine croyable, comme je vous disais au début.
Et j'ai honte, parce que la personne que je suis vraiment au fonds de moi ne l'accepte pas.
Heureusement.
Ca va dans un tiroir
-Une armoire ! une barraque toute entière!
Ca va dans un tiroir bien rempli avec toutes mes autres histoires honteuses.
Je le dis parce qu'on en a tous.
Ou alors on est pas humain.
L'idée serait d'en avoir conscience avant que JAMAIS ça ne se reproduise.
Il va falloir que je soie sur mes gardes.
En tout cas, je veux avancer.
Et vous en faire profiter.
Parce que vous allez vous reconnaitre.
Parce que vous avez aussi votre lot.
Parce que demain c'est lundi. et qu'il faudra y retourner... à ce sale boulot ou on vous méprise,
avec ces collègues qui vous ignorent.
Quand tout ce que vous êtes de beau et d'intéressant s'efface, parce que vous courbez le dos.
Parce que vous n'osez plus les regarder dans les yeux de peur qu'ils n'y voient votre souffrance.
Et alors ?
Je parle du boulot, mais il y a d'autres exemples, plus personnel.
Comme l'homme qui a honte de ce qu'il est et préfère blesser celui qu'il aime plutôt que d'avouer ses sentiments.. ou pire de les montrer aux yeux du monde.
Comme l'homme qui préfère que l'on croie qu'il est qqun d'autre et s'invente une vie .. qui ne fait rêver que lui.
Comme la femme qui fait de maladroites retouches en collant sa tête sur le corps d'une autre.
Qui va jusqu'à accepter les compliments des quelques uns qui se laissent duper... sans honte là.
En fait la honte n'est pas toujours bien placée.
La mienne si.
Mais je vous promets une chose : maintenant que je m'en suis rendu compte je vais être très vigilante.
Retrouver mon esprit critique.
Celui qui m'a toujours sauvé de toutes les situations embarrassantes dans lesquelles je me suis fourrées.
Et les solutions qui vont avec.
Agir.
Réagir.
-Quoi ?
TA GUEULE !!!!!!!!