Voleur de vie
Il était une fois un petit garçon qui ne demandait qu'à vivre, une vie normale.
Je me souviens, à la petite école, il avait préparé à manger pour tout ses petits camarades, tandis qu'une petite fille faisait semblant de poser la table.
Ils étaient joyeux, vifs, enjoués.
Alors, qu'est-ce qui c'est passé pour que des années plus tard, il s'installent tout les deux dans un syndrome d'Asperger ?
Vous savez ce que c'est ? jusqu'ici, j'avais découvert cette particularité à la télé. Je trouvais que sur bien des points ça ressemblait au comportement de mon fils.
Allez savoir pourquoi, le docteur qui a fait le diagnostique, n'est pas rentré dans les détails, ne ma pas donné de nom.
Par contre, il l'a fait sur papier.
Et si j'avais pu le lire, il y a passé 10 ans...
Alors, j'aurais su que mon fils avait bien le syndrome d'Asperger.
-Mais c'est quoi ?
Ce sont des gens qui, préfèrent l'imaginaire à la vie normale.
Au point d'avoir plus de sentiments pour des personnages de jeux vidéos que pour leur propre famille.
Bien sûr, , ce n'est pas la seule particularité, il y en a tout un tas, qui, si je vous les racontait vous feraient grimper au plafond.
Pour moi, c'est quelque chose qui c'est révélé petit à petit.
Qui s'est installé jusqu'à devenir une sorte de réalité parallèle dont je me suis cru, longtemps, totalement responsable.
Mais ils ont des excuses, ces gens qui me disaient : "il n'a qu'à" .. faire ci ou ça.
Ils ne savaient pas, et moi non plus.
Il n'y a pas si longtemps, une amie très chère à vécu la même aventure : après des années de souffrances, enfin, quelqu'un s'est décidé à lui donner le nom de sa maladie.
Ca semble, fou, comme ça... qu'un médecin ne dise pas à son patient ce qu'il a.
Peut-être parce que, il y a plus de 10 ans, le syndrome d'Asperger étai moins connu.
Maintenant, on en parle, à la télé, dans les journaux.
C'est une sorte d'autisme, a la différence que la personne atteinte à plus de capacité intellectuelle, en gros.
Le médecin de l'A.I. ne s'est pas trompé, il a reconnu tout de suite cette pathologie chez mon fils.
Pourtant, pendant des années, nous, on est resté dans le flou.
J'ai la rage aujourd'hui.
Je suis triste aussi.
J'aimais déjà mon fils, je l'aime encore plus, maintenant que je sas ce qu'il a.
Maintenant que je sais que j'avais raison aussi.
Et que, sans le savoir, j'ai fait le mieux possible, pour lui.
Hier, j'ai appris tout ça, de la doctoresse qui a eu acces au dossier de mon fils.
Mais pas eulement.
Parce que les enfants Aperger qui survivent, deviennent des adultes et la maladie évolue.
Ils se transforment, comme des pokémon.
Ils ont parfois des capacités hors du commun.
Ils sont parfois même des artistes comme Kafka.
Le grand écrivain à décrit parfaitement dans "La Métamorphose" ce qu'une famille pouvait traverser, quand un de ses membres est différent au point de ne plus pouvoir sortir de chez lui.
Toute la famille...
Je suis en rage... en ce qui me concerne il est nécessaire que je sorte un peu.
Que je trouve du plaisir dans le monde extérieur.
En parlant de plaisir.. mon fils n'en ressent pas. Plus.. Il semble indiférent, sans émotion.
Parfois, ce sont des journées entières ou je ne reçois que des reproches et des plaintes.
Quoi que je fasse.
Hier, quand je suis arrivée chez ma doctoresse, elle me regardait avec un air tellement sérieux que j'ai cru que j'avais fait quelque chose de mal.
En fait, elle avait pris conscience de ce que je vivais.
Quelque chose de très difficile.Peut-être même que , si on m'avais avertie, je ne l'aurais pas fait.
Mais je ne savais pas.
Alors, je l'ai fait ..de toutes façons, comme si je n'avais pas le choix.
Comme si j'étais responsable d'avoir mis au monde et ma l éduqué un de mes enfants.
alors que ce n'est pas ça...
Personne n'est responsable
Mais on peut trouver des pistes.
J'ai envie de l'aider deux fois plus.
finalement j'ai toujours su tout ça.
Mais quand c'est un professionnel qui vous confirme que vous avez raison, ça prends un autre sens.
Je me souviens, quand j'ai demandé de l'aide...
Et qu'au lieu de me donner les moyens, on l'a obligé à partir dans une clinique ou personne ne parlait le français...A Davos... dans les montagnes. Une journée de train pour arriver jusque là. 1 mois de "traitement" et des années pour le sortir de la dépression qui a suivi.
Je suis fâchée.
Très fâchée.
J'ai la tête qui tourne.
La nausée.
Les petites pré et occupations des autres me semblent ternes, futiles, égoïstes.
Mais la vie est faite de ça...
Et je ne suis pas seule.
D'ailleurs j'attends quelqu'un qui me comprends bien.
Malheureusement par contre, ça n'est possible que parce qu'elle aussi traverse des mers insondables.
Heureusement , on sait naviguer.