Bye Bye Riquet Eric Road
Il n'aimait pas que je l’appelle Riquet.
Alors je l'appelais Riquet quand même, parce qu'il aimait bien qu'on lui résiste .
C'était un garçon de Bienne.
Avec du talent pour la photo.
Le noir-blanc en particulier.
Ses photos d'enfants, des siens et ceux des autres.
Ses portraits de femmes.
Il était franchement doué pour la photo.
Un peu moins pour la vie.
Une sorte de rage aveugle l'habitait, depuis aussi longtemps que je m'en souvienne,
Il était cynique, méchant même parfois.
Et la minute après, il vous collait un gros becs sur la joue.
Enfin, sur la mienne en tout cas.
Malgré tout, je ne lui en ai jamais voulu .
Parce qu'il lui arrivait souvent d'être terriblement sincère et lucide.
Sur lui et les autres.
Et j'aimais bien ça.
Je me sentais privilégiée quand il me racontait ce qu'il ressentait vraiment.
Il a tout vécu.
Comm si l'existence l'avait chois pour tester sur quelqu'un tout le pannel des épreuves qu'un homme peut affronter .
La mort, les morts, la trahison, l'amour impossible, la maldie enfin, la souffrance inhumaine
qui a fini par l'emporter.
C'était un très beau garçon d'abord.
Un perpétuel ado.
Avec des sorties de routes si fréquentes qu'il avait fini par se faire un chemin à lui.
Eric Road.
Eric c'était un rebelle sans cause. Un emmerdeur, un râleur, un crétin même parfois qui à fini brûlé de l'intérieur, à l'image de sa vie.
C'était un père aussi.
Dans l'histoire de Bienne, la vraie histoire, il restera comme une figure incontournable.
Il était une fois trois frères, il n'en reste qu'un.
Des sortes de James Dean en puissance que seule la jeunesse pouvait servir.
L'image que je veux garder de lui aurait fait une très belle photo.
20 ans plus tôt, au bord du lac, un jeune homme, veste en jeans et pull marin.
Avec son vélo et sur le petit siège fixé à l'arrière, un adorable bambin aux boucles blondes.