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28 Jan

Remontage de moral et remise de l'Eglise au milieu du village à Bienne et ailleurs

Publié par Cat  - Catégories :  #Alabama, #Michelle, #amies

Remontage de moral et remise de l'Eglise au milieu du village à Bienne et ailleurs

Mais c'est juste pas possible !

Aujourd'hui, j'ai fait un truc de fou!

J'ai téléphoné chez le dentiste, alors que je déteste ça, et que je n'ai même pas mal aux dents.

Et pourquoi ça ?

Parce que je recommence à m'aimer.

Et quand on s'aime on prends soin de soi.

Mais, tandis que, toute contente de mes efforts, je m'auto-félicite, que vois-je ?

Mes amies qui désespèrent.

Et ça, ça ne va pas du tout.

Alors, ok, il y a des raisons.

Raisons de santé, souvent ç'est ça, à la base.

Sa propre santé ou celles de ceux qu'on aime, qui péclotte.

Du coup, vu la liaison certaine entre le corps et l'esprit, le moral en prends un coup.

Et voilà qu'on se retrouve, impuissant,e face aux événements et encore plus consciente du sérieux de la vie.

De ses difficultés aussi.

Alors que, il y a deux ou trois paramètres qu'on a tendance à oublier dans ces moments là :

1) tout ce qui se produit à une excellente raison d'être qui conduit à l'évolution.

Réfléchissons logiquement : pourquoi la vie se donnerait-elle toute cette peine pour nous détruire ?

Alors qu'elle pourrait le faire tout de suite ?

Alors, forcement, tout ce qui se produit, sert à nous faire avancer.

Tenez, par exemple, quelqu'un qui tombe malade...

Le corps est comme une sorte de véhicule qui tombe en panne.

Et si c'était simplement pour nous arrêter ? parce qu'on a pas toujours besoin d'aller loin.

En particulier si on veut se trouver soi-même.

Ce n'est pas Michelle qui dira le contraire.

Depuis que je la connais, sa vie à radicalement changé.

Je me souviens, au début, elle ne m'écrivait que quelques lignes.

Il faut dire qu'entre son travail, ses malades à qui elle consacrait tellement de temps, sa famille, et ses autres activités, elle ne s'arrêtait pas.

Et puis tout à changé.

Je me souviens encore lorsqu'elle m'a envoyé une image de son fauteuil roulant.

J'étais tellement choquée.

Je trouvais si injuste qu'une personne qui a donné tellement de temps et d'énergie pour aider les autres se retrouvent figée.

Figée ? Ca serait mal la connaitre, son cerveau et ses mains fonctionnent toujours très bien.

Comme un aveugle qui développe ses autres sens, Michelle s'est reconvertie dans ce qu'elle savait faire d'autre.

Elle qui n'a que des garçons , a commencé à faire des ptits vêtements pour les poupées des petites filles.

Et comme elle est généreuse, elle en a fait profiter les autres, ouvert un blog, puis deux.

Expliqué ses créations avec des tutoriels, pour celles qui le veulent.

Envoyé ses petits habits et des poupées. à l'autre bout du monde, pour des petites filles qui n'ont pas grand chose, mais qui ainsi, peuvent être des vraies petites filles, qui rêvent qu'elles sont des princesses.

Comme toutes les petites filles du monde.

Etre capable, tout en étant handicapée , d'apporter du bonheur à à l'autre bout du monde, sans grands moyens, juste avec un peu de laine et de créativité, c'est très fort.

Parce que le rêve est vital.

Quelqu'un qui ne rêve plus déprime et fini par dépérir.

Le rêve, c'est l'espoir. Et l'espoir fait vivre.

Alors forcement si je pense à Michelle, je pense à Alabama.

Notre amie.

Alabama avait tout.

La jeunesse, la beauté, l'argent et le talent.

Elle avait tout, mais elle ne rêvait pas.

Elle ne croyait en rien.

Même pas en elle-même.

Quand je lui disait qu'elle était douée, qu'elle pourrait écrire un de ces livres qu'elle aimait tant, elle me répondait : je ne suis pas Victor Hugo...

Mais bien sûr,! Quelle erreur ! pourquoi aurait elle eu besoin de l'être ? il n'y a qu'un seul Victor Hugo, comme il n'y avait qu'une seule Alabama.

Mais voilà.. pour elle, tout ce qu'elle avait ,tout ce qu'elle était ne lui semblait pas si important.

Alors, le cancer s'est chargé de lui faire tout perdre.

Ses cheveux.. ses beaux longs cheveux couleur miel.

Puis sa vie, toute sa vie.

Elle avait pourtant obtenu une rémission, mais le cancer était reparti de plus belle.

Couvrant ses poumons de métastases.

Et, malgré tout, malgré son fils, encore adolescent, malgré son mari qui l'aimait dans cette Corse si belle.. elle a renoncé à se battre.

Décidé de ne plus prendre de traitement, Et de préparer son propre enterrement.

Comme si elle n'en valait pas la peine.

Je dis comme si, parce que je ne sais pas ce qui lui est vraiment passé par la tête, par contre, je veux bien croire que certains événements ont du précipiter sa décision.

Elle était mystérieuse, Alabama, pas commune, une héroïne romantique

Personne dans sa famille ne savait qu'elle écrivait, que sur internet, elle était une blogueuse respectée.

Elle continuait d'écrire, de parler de son cancer ouvertement, avec une sorte d'humour noir particulier.

Sur ce même site sévissait un monstre pourri de haine.

Encore aujourd’hui ça me semble fou que personne n'aie réussi à l'arrêter.

Alors qu'Alabama était à l'agonie, ce monstre lui a écrit des horreurs.

Il y a des gens qui ne respectent rien.

Qui sont tellement mauvais de l'intérieur que même la détresse ultime et le courage d'une femme mourante n'émeut pas.

Je les ai lu, ces messages de haine, ou le monstre disait "c'est bien fait ce qui t'arrive* *les gens comme toi méritent de mourir".

A cause de cette folle,Alabama a failli détruire son blog entier.

L'oeuvre d'année d'écriture, ou elle racontait son histoire.

Celle d'une femme qui avait tout et que le cancer à emporté.

Qui a choisi de mourir, comme elle a vécu, sans se plaindre, avec son humour noir que j'aimais tant.

avant qu'elle puisse le faire, j'ai demandé a Michelle de sauver son blog.

Et je l'ai quelque part dans mes archives.

Je suis incapable de le relire.

C'est trop fort.

C'est qu'elle écrivait bien Alabama.

Une semaine avant de mourir ,elle m'écrivait encore.

Et moi...j'essayais pitoyablement de l'aider.

Je ne suis pas sure de l'avoir fait si bien.

Il faut dire que je ne comprenais pas.

Je ne comprends toujours pas d'ailleurs.

Pourquoi elle a arrêté de se battre.

Je ne pourrai jamais l'oublier.

Alors mon amie, à qui j'ai dit que j'écrivais ces lignes pour lui remonter le moral, tu dois te demander quel rapport ça a avec toi, tout ça.

Il n'y en a pas justement.

Sauf peut-être que toi aussi tu as tout.

Et puis, on ne peut pas comparer les personnes, nous sommes tous si différents.Par contre, lorsque l'on a de la personalité, forcement, on dérange.

Je le sais, ça m'arrive tout le temps, il y a des gens qui me détestent.

Avec le temps, je ne dis pas qu'on s'habitue, mais par contre, on peut transformer ça en quelque chose de positif.

A condition de ne pas jouer leur jeux.

La seule façon d'avancer, c'est de mettre un pied devant l'autre, au propre comme au figuré.

De ne pas avoir peur.

De ne pas se préoccuper de ce que disent les autres, sauf si c'est positif.

Personne ne devrait avoir de pouvoir sur nous.

Par contre, lorsque c'est quelqu'un que l'on aime qui va mal, alors, le meilleur moyen de l'aider, c'est d'aller bien.

Pour pouvoir lui transmettre sa force.

Je me souviens, les lettres qu'Alabama aimait, c'était celles ou je lui disait que j'allais bien.

Mais ça aussi tu sais le faire.

Finalement tu as tout.

Sauf que parfois, comme chaque humain, tu te retrouve impuissante face à la vie et à ce qu'elle fait des gens que l'on aime.

Et là, on ne peut rien faire d'autre que les soutenir, de notre mieux.

Et ça, au moins, tu sais le faire.

Moi je ne suis pas très douée dans ce domaine.

Je sais mieux recevoir que donner.

Mais toi, c'est ta nature, généreuse et emplie de compassion envers les autres qui te pousse en avant.

Je me disais aussi ça d'Alabama, en fait elle ne supportait plus d'être un poids pour sa famille.

Alors que toi, c'est tout l'inverse, tu es si indépendante, tu te débrouille tellement bien toute seule depuis toujours.

Parfois on crois que les gens comme toi n'ont besoin de rien.

On se trompe.

Ce sont souvent les plus fragile.

Ils ont autant désespérément besoin d'amour que tout le monde.

Mais ils ne savent pas le demander.

Toi mon autre amie, qui a tellement de style.

Depuis toujours, depuis la première fois que je t'ai vu, au point de me souvenir de la couleur de ton pull.

Ce que je ressent de toi, plus de 30 ans plus tard, c'est la même chose : tu es une alliée.

Une alliée, rien n'est plus précieux dans ce combat perpétuel qu'est la vie.

Pourtant, on aimerait pas devoir se battre.

Mais il le faut.

Pas tout le temps heureusement !

Je me réjouie de vous revoir, toutes les deux.

Quand à moi, j'ai encore beaucoup de chemin à faire si je veux m'améliorer.

Déjà, arrêter de juger les autres.

Absolument il faut que j'y arrive.

On fait tellement d'erreur quand on joue à ce jeux là.

Et puis on perd son temps : il y a toujours des informations qui nous manquent.

Qui changerais tout si on les apprenaient.

Enfin bref : je suis très sélective en ce qui concerne mes amitiés : quand Murielle, la journaliste du Journal du Jura dit que je suis avide de nouvelles connaissances, elle ne parle pas forcement des gens, mais plutôt d'apprendre. Entre parenthèse, elle m'a rudement bien cernée, Donc, pour en revenir à mes amitiés.

On pourrait avoir l'impression que je laisse pleins de gens entrer dans ma vie et que j'aime tout le monde ou presque. C'est archi-faux.

J'ai des critères très précis.

Le premier c'est que je dois me sentir en confiance.

Quelqu'un qui me blesse, me rabaisse, me trahis est éjecté sans pitié.

Par contre pour ceux que je choisi, la seule chose que je dois faire c'est apprendre à les accepter comme ils sont, ce qui n'est pas toujours évident, par contre, ça me fait forcement progresser.

D'autant que j'imagine bien que moi-même , être acceptée comme je suis.. n'est pas forcement une chose facile.

Alors voilà ce que je voulais dire aux gens qui ont eu la patience de me lire jusqu'ici.

Commencer par s'aimer soi-même ce n'est pas égïste, c'est indispensable, pas seulement pour être aimé par les autres, mais davantage pour être capable de les aimer comme il faut.

C'est à dire sans les juger.

Qu'importe si on se trompe.

Qu'importe si ce qu'on ne supporte pas chez eux ce sont les mêmes problèmes qui nous perturbent et que l'on reconnait.

Qu'importe..

La vie, on ne sait pas combien de temps elle va durer, ni si on en a une ou deux ou trois.. ou 7 comme les chats.

Ce qui importe, c'est juste de vivre.

Et vivre bien.

Et ça, ça commence ici et maintenant.

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"Comment écrire sans offenser les Dieux ? En les ignorant , tout simplement" Yasmina Khadra