Suspension à Bienne et ailleurs
Je suis dans un drôle d'état.
En suspension.
Si j’atterris trop vite, je me crash.
Je n'en peux plus.
Mes nerfs sont tricotés en forme de filet de sécurité.
Paradoxal, mais c'est ainsi.
Je prie.
Il faut que ça s'arrête, que ça se débloque.
Que je puisse passer un bon week end.
Tout le monde m'a déjà tellement aidé.
Je ne peux plus rien demander à personne.
Je veux juste ce qui est à moi.
Ce à quoi j'ai droit.
Depuis plus de deux mois.
On dirait que tout est fait pour que je doive attendre et attendre encore.
Cet après-midi, il m'a fallu une heure pour obtenir un simple papier.
Une heure à attendre qu'une employée désagréable et incompétente trouve la trace
de la naissance de mon fils.
Et 30 frs-
Mais je n'avais pas d'argent puisque je n'ai plus d'allocation.
Et sans cet ultime papier je ne peux pas le récupérer.
Vous comprenez ? pas d'argent, pas de papier et pas de papier pas d'argent.
-Vous ne pouvez pas me faire une facture ?
Ou transmettre ce papier aux oeuvres sociales ?
-Non, vous devez aussi me comprendre...
Oui, je comprends.. mais je fais quoi?
Je dois encore appeler à l'aide.
-Soi contente ! tu as eu de l'aide.
Oui je suis contente, Mais alors, pourquoi est-ce que j'avais tellement envie de pleurer ?
Je n'en peux plus.
C'est les soldes.
Je veux aller dans les magasins, m'acheter des souliers chauds, un vrai pantalon.
Je veux acheter pour mon fils le jeux qui lui plait.
De la crème de jour.. des vignettes poubelles.
Je veux pouvoir choisir mon magasin.
M'acheter tout ce que j'aime manger.
J'acheterai même des vignettes poubelles.
Je veux aller au bancomat, retirer 200 francs et les dépenser comme j'en ai envie.
Mais ça, ce n'est pas possible.
Parce que mëme si demain, enfin le versement dont j'ai besoin va partir, je ne l'aurai pas avant lundi.
Encore un week-end à faire avec les moyens du bord, a attendre......... a espérer et désespérer.
Je n'en peux plus, mais je n'ai pas le choix.
Si je lâche un peu , d'autres choses me rattrapent.
On dirait qu'il faut que je passe par là.
J'espère, de tout mon coeur j'espère.
Qu'ils me donnent au moins de quoi passer le week-end dont je rêve.
Que je puisse redevenir, le temps d'un vendredi et d'un samedi, quelqu'un de normal.
Jusque quelqu'un de normal