L'incomensurable vacuité de l'être à Bienne et ailleurs
Aujourd'hui j'ai fait une expérience unique : enfin plutôt une suite d'expériences qui m'ont amenée à me poser des questions :
Suis-je normale ? Ou est-ce le reste du monde qui ne tourne pas rond ?
Certain d'entre vous croient encore que c'est une joie de dépendre de la Ville et de profiter de ses larges et automatiques bienfaits.
Je leur suggère de tester, pour voir.
Une petite dépression, suivie de l'incendie de votre appartement avec disparition totale de toutes vos affaires matérielles et administratives.
Etre une famille monoparentale aussi, c'est bien.
Perdre son travail et être incapable d'en retrouver un autre pour cause de troubles obsessionnels convulsifs, c'est parfait.
Une petite agression ou deux.
Un ex-violent qui vous poursuit.
Des décés traumatisants autour de vous.
Rajoutez quelques belles injustices et atteintes à vos droits non reconnues et vous aurez le profil type du parfait candidat aux oeuvres sociales.
Ou alors, soyez étranger, la vous n'aurez pas besoin des autres options, on vous donnera la priorité.
Mais bon, dommage pour vous, vous êtes suisse, donc il vous faudra souffrir un minimum pour qu'on vous accepte dans ce club.
Bon alors, disons que c'est le cas.
Qu'après les vérifications d'usage, on vous prends.
Imaginez-vous face à quelqu'un qui a la moitié de votre âge, et aucune idée, ni aucun réel intérêt pour vos difficultés.
A présent vous n'êtes plus un être humain, vous êtes un budget.
Réduit au minimum.
Surtout n'essayez pas de demander quelque chose, c'est très mal vu.
Et puis, on a les moyens de vous faire taire.
Donc, pas un mot de travers, on se tait, on donne les papiers qu'on nous demande et on attends que la date chérie de l'allocation arrive.
Chèque? Avances? Bons ? Aahahahaha.
C'est fini tout ça.
Vous avez faim?
Appelez les cartons du coeur
Vous recevrez à peine de quoi tenir deux jours.
Cartons bien remplis, pain frais.. ahahahahah.
C'est fini tout ça,
Des lentilles et des patates.
Quelques pâtes et du riz, deux boites de fruits.. c'est la fiesta !
C'est la crise, ne l'oublions pas.
Ensuite, il est possible qu'on vous change d'assistant social.
Manque de bol, le dernier à trié votre dossier et enlevé tout ce qui dépasse.
Donc il vous faudra à nouveau refournir les mêmes documents qui vous rapellerons les meilleurs souvenirs de votre existence.
Divorce,. perte d'emploi etc... sans oublier vos précieux relevés de comptes.
Vous voilà donc à la réception cherchant à parler à quelqu'un qui pourrait vous renseigner.
Et c'est là que vous dira :
"Il faut téléphoner pour prendre rendez-vous"
Si vous arrivez jusque là sans vous pendre, alors bravo!!!
Vous êtes au début d'un long chemin qui ne conduit nul part.
Seuls ceux qui vous ont précédé peuvent vous comprendre et vous soutenir,
Les autres ne peuvent que s'imaginer,, mais jamais ô grand jamais ils ne sauront ce que -ça fait.
Et c'est tout ce que je leur souhaite.
Ah mais à eux ça n'arrivera pas ? grossière erreur!
Il suffit de peu pour déstabiliser un homme.
Et on ne s'y attends pas, c'est la surprise d'un destin farceur.